La place des océans sur Terre

Le titre que vous venez de lire est inexact. En effet, bien qu’on utilise généralement les termes “les océans” au pluriel, pour désigner l’ensemble de la surface océanique du globe, la communauté scientifique parle bien d’un seul océan mondial. Cela ne change pas le fond du problème, mais il est toujours mieux d’utiliser les bons termes. Une fois cette précision donnée, il s’agit de rappeler le rôle de l’océan au sein de notre écosystème terrestre, car c’est en connaissant les enjeux marins que nous pourrons ensuite agir face aux problèmes auxquels l’océan, et par extension la planète, sont actuellement confrontés.

L’importance des océans sur Terre

Jusqu’à récemment, les considérations sur le changement climatique ne prenaient pas en compte l’océan, qui couvre pourtant 71% de la surface terrestre. Il est donc important de rappeler la place prépondérante de l’océan au sein de Planète bleue. 

Le poumon bleu de la planète

Lorsqu’on évoque le poumon de la planète, nous pensons souvent directement à l’Amazonie, forêt tropicale qui permet notamment d’absorber plusieurs milliards de tonnes de CO₂ chaque année. Mais en complément de ce “poumon vert”, il existe également un “poumon bleu”.

En effet, l’océan produit 50% de l’oxygène sur Terre, grâce au plancton. Il s’agit de microscopiques organismes qui représentent près de 95 % de la biomasse marine et ont le même mécanisme de photosynthèse que les arbres : le plancton capture donc du dioxyde de carbone (CO₂) et émet de l’oxygène. A lui seul, le plancton produit ainsi autant d’oxygène que l’ensemble de la végétation des terres émergées !

L’océan permet également d’absorber une partie des émissions de CO₂, qu’elles soient d’origine anthropique (dues aux activités humaines) ou naturelle. Les molécules de CO₂ contenues dans l’atmosphère sont d’abord dissoutes dans les eaux en surface, puis entraînées dans les profondeurs de l’océan, où elles sont stockées. L’océan est donc un “puits de carbone” : il capte et stocke une partie du carbone.

Un régulateur thermique 

L’océan permet aussi une certaine régulation du climat, puisqu’il a un effet modérateur sur la température terrestre globale. Sur les 50 dernières années, il a absorbé 93% de l’excédent d’énergie dû à l’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre due aux activités humaines. Bref, l’océan est capable de stocker beaucoup plus de chaleur que les continents et l’atmosphère, qui en absorbent respectivement 3% et 1%. Cet efficace stockage thermique s’effectue grâce à un mécanisme cyclique simple : l’eau chaude en surface est entraînée vers les pôles par les courants marins, sa densité augmente et elle plonge alors dans les abysses, où elle refroidit. 

Une source d’énergies renouvelables 

Dans son récent rapport « L’Océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique », le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met en valeur le potentiel qu’offre l’océan en termes d’énergies renouvelables, notamment pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Le GIEC cite par exemple la thalassothermie. Il s’agit d’une technologie qui utilise l’eau de mer chaude ou froide pour chauffer ou refroidir des bâtiments, avec un impact environnemental très faible.

Le rapport met aussi en avant les éoliennes off-shore (situées au large) qui permettent de produire de l’électricité grâce aux vents marins réguliers et puissants. Les énergies marémotrices (utilisant la différence de hauteur entre marée haute et marée basse) et houlomotrices (mettant à profit les mouvements de la houle) sont également des possibilités pour produire de l’énergie grâce à l’océan. 

Enfin, la création d’un algocarburant est une piste à envisager. En effet, l’huile que produisent certaines algues pourrait être utilisée pour produire du carburant. Celui n’émettrait pas plus de CO₂ lors de son usage que les algues n’en absorberait pendant sa croissance. De plus, les algues peuvent être produites hors-sol, sans concurrencer les cultures alimentaires, tout en ayant un rendement plus important que le colza ou la betterave par exemple, actuellement utilisés pour la production de biocarburants. Cependant, l’extraction de l’huile de ces algues demande pour l’instant trop d’énergie pour que cet algocarburant soit viable.

océans sur Terre

Les dangers actuels qui pèsent sur l’océan

Puisque l’océan joue un tel rôle sur le climat de notre planète, il n’est pas étonnant que la réciproque soit aussi vraie. Le réchauffement global impacte donc aussi l’océan et notre mode de consommation actuel déraisonné représente une épée de Damoclès planant au dessus de l’océan (et au dessus de nos têtes par la même occasion).

Des changements marins…

Lorsque l’on parle des gaz à effet de serre, nous avons tendance à penser aux conséquences négatives sur l’atmosphère. Mais le réchauffement dû aux émissions croissantes de ces gaz touche aussi bien les couches basses de l’atmosphère, que la surface des continents ainsi que l’océan. Au cours des 60 dernières années, les océanographes ont collecté des mesures de température sur les 1000 à 2000 premiers mètres de profondeur de l’océan. Ils ont alors observé une nette augmentation des températures océaniques sur cette période. En plus de ce réchauffement, les océanographes ont constaté une diminution du pH de l’océan, qui est directement liée à son rôle de puits de carbone : en absorbant 20 à 30% des émissions anthropiques de CO₂ depuis les années 1980, l’océan s’est acidifié.

Outre ce réchauffement et cette acidification, les milieux marins font également face à un autre danger : la présence de plus en plus importante de déchets plastiques. Il est difficile de connaître précisément la quantité de plastique dans l’océan, une des meilleures estimations date de 2015 et l’évalue à 150 millions de tonnes. Or cette quantité augmente considérablement ces dernières années et devrait atteindre 600 millions de tonnes en 2040 si rien ne change, selon cette même étude.

…qui ont des conséquences sur notre vie terrestre 

Ces différents bouleversements que connaît l’océan ont des répercussions sur sa faune et sa flore. Par exemple, le réchauffement et l’acidification de l’eau ont fait évoluer la répartition et diminuer l’abondance des populations de poissons. Cela posera (et pose déjà) problème dans certaines régions, comme les zones océaniques tropicales, où le potentiel de capture diminue, tandis qu’il augmente dans d’autres régions telles que l’Arctique. Bien que la pêche soit actuellement remise en question, notamment en raison de ses conséquences désastreuses pour les fonds marins et la faune marine, elle reste une ressource alimentaire nécessaire pour certaines populations humaines. 

Par ailleurs, la présence de plastiques dans l’océan est également nuisible pour les écosystèmes marins, puisque les espèces marines risquent de se retrouver empêtrées dans des déchets ou d’ingurgiter accidentellement du plastique, ce qui peut boucher leurs voies respiratoires ou gastriques, mais aussi agir comme un perturbateur endocrinien. Et si la faune marine ingère des micro-plastiques, nous pouvons ensuite retrouver ces particules dans nos assiettes. 

Ainsi, l’océan a un rôle essentiel dans l’équilibre terrestre et permet de diminuer les effets négatifs du changement climatique actuel. Mais les écosystèmes marins en subissent les conséquences. Une fois que l’on connaît mieux les enjeux océaniques, il s’agit ensuite de passer à l’action pour réduire l’impact environnemental dû à notre mode de consommation. Bref, il s’agit de protéger l’océan et ainsi protéger la planète sur laquelle nous vivons. 

Sources : 

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